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Photo Metcalfa sur tige

Metcalfa pruinosa Un ravageur très polyphage...

Originaire d'Amérique du Nord, on retrouve Metcalfa pruinosa en Italie, Slovénie, Suisse, et en France (Sud-Est, Sud-Ouest) mais son aire de répartition ne cesse de progresser. Sa propagation semble se faire notamment en suivant les axes routiers, ferroviaires et les cours d'eau.

Metcalfa pruinosa a été introduit en Corse dans le courant des années 90, avec l'importation de végétaux d'ornement infestés. Depuis son introduction, il n'a cessé d'y gagner du terrain notamment sur les zones les plus cultivées comme la Plaine Orientale.

L'insecte est également présent en Balagne et vers Ajaccio. On le rencontre jusqu'à 400 mètres d'altitude.

Ordre: Hémiptères - Famille : Flatidae - Statut réglementaire : aucun statut

Photo Forestry Images

Fiche technique

Plantes hôtes:

Très polyphage il se développe sur plusieurs centaines d'espèces. Les dégâts sont importants, surtout sur vergers (agrumes, fruits à pépins et à noyaux, kiwi, oliviers) et sur vignes.

Morphologie :

A) Les adultes

Les adultes mesurent de 7-9mm. Ils sont couverts d'une pruinosité blanchâtre masquant leur coloration sombre ce qui leur donne un aspect bleu/gris. Ils sont très mobiles.

B) Les larves

Les larves mesurent de 2-6 mm. Elles sont blanches, présentent un aplatissement dorso-ventral et recouvertes d'une cire protectrice blanche et filamenteuse qu'elles sécrètent au niveau de glandes situées à l'extrémité de l'abdomen ainsi que de pores situés sur tout le corps. Mobiles, elles sautent lorsqu'on les dérange.

Biologie:

Metcalfa pruinosa est un insecte piqueur-suceur qui s'alimente en matières azotées à partir de la sève de la plante hôte. Il ne compte qu'une génération par an.

La ponte a lieu entre mi-août et fin septembre dans les anfractuosités de l'écorce, des rameaux et aussi dans les bourgeons. Les premières éclosions ont lieu en avril-mai et se poursuivent jusqu'à la fin de l'été. Les larves passent par 5 stades successifs. Les jeunes larves se groupent généralement à la face inférieure des feuilles où elles se nourrissent. Sur les espèces fruitières, L1 situées vers le bas de l'arbre. Elles colonisent ensuite les jeunes rameaux et forment des manchons blancs, cotonneux.

A chaque stade larvaire, elles laissent sur le végétal une enveloppe blanchâtre et translucide ou exuvie.

L'émergence des adultes se fait à partir du mois de juillet et jusqu'au mois d'octobre. D'abord blancs, ils sont ensuite bruns puis finalement gris En grand nombre, ils s'observent en file indienne sur les rameaux. La dispersion de Metcalfa peut atteindre 3 km par an.

Symptômes et Dégâts

Les rameaux attaqués deviennent cassants et les bourgeons avortent. Le trop plein de sève absorbée par l'insecte est rejeté sous forme de miellat où se développe un champignon saprophyte : la fumagine. Ceci perturbe alors la photosynthèse et la croissance des végétaux et déprécie la valeur marchande des produits récoltés.

En cas de pullulation, une déformation et un flétrissement du sommet des pousses peuvent être observés.

La lutte phytosanitaire

Lutte chimique, vers une impasse

Aucun produit n'est homologué pour les usages principaux de l'agriculture régionale. De plus, la lutte chimique est particulièrement difficile car :

- elle n'agit que sur les deux premiers stades larvaires (fin mai - début juin) ;

- les parcelles sont très vite recolonisées du fait de l'étalement des éclosions, de la mobilité des larves et des adultes et de leur abondance dans les haies et le maquis ;

- les insecticides employés sont dangereux pour les abeilles attirées par le miellat.

- des résistances à certains pyréthrinoïdes* sont déjà observées.

Des traitements sur la vigne et les parties aériennes de toutes espèces florales et arbres et arbustes d'ornements sont toutefois homologués et reférencés sur le site http://e-phy.agriculture.gouv.fr

Lutte biologique : l'espoir avec Neodryinus typhlocybae

La lutte biologique semble donc à privilégier pour limiter la pression de Metcalfa à long terme.

Sur le territoire français, l'INRA d'Antibes a organisé la lutte biologique de puis 1996, grâce à l'introduction en Italie du Nord d'un auxiliaire hyménoptère correspondant, Neodryinus typhlocybae.

Neodryinus typhlocybae est à la fois un parasitoïde (l'insecte parasite le ravageur, se développe au détriment de celui-ci et entraîne sa mort) et un prédateur de la cicadelle.

La femelle pond dans les larves aux stades L3, L4 et L5 . La larve se développe dans une sorte de vésicule externe bien visible sur le côté de la larve de Metcalfa. La larve sort de son hôte et construit sous sa dépouille un cocon aplati et plaqué le plus souvent sur la face inférieure des feuilles. La larve hiverne dans ce cocon et sur cette feuille qui peut tomber au sol.

La nymphose a lieu au printemps. Cependant une seconde génération est possible. L'adulte de Neodryinus se nourrit de jeunes larves L1, L2.

Contrairement à Metcalfa, Neodryinus thyphlocybae ne se disperse que très faiblement chaque année, une trentaine de mètres par an

Suite aux travaux de l'INRA de Corse (tentative d'acclimatation de l'auxiliaire sur 12 sites réalisés entre 1999 et 2001) et face à l'importance de ce ravageur et à son extension, un groupe de travail s'est constitué début 2003. Ce groupe, piloté par la FREDON Corse, a pour principal objectif d'organiser la lutte biologique sur le territoire corse.

  • Cocon de Neodryinus (Ph. Rossignol)

En rapport avec Metcalfa pruinosa